Mercredi 12 janvier 3 12 /01 /Jan 18:00

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Monsieur

 

   Je pensais naïvement que le silence que je venais de vous imposer aurait eu quelque effet sur vous. Hélas, je vois qu’il n’en est rien et sans doute pourrais-je m’effacer de votre vie sans que vous en manifestassiez ni regret, ni déconvenue.

   Peut-être cependant désirez-vous savoir la raison de ce long arrêt dans ma correspondance ?

   Depuis longtemps déjà, je devais accompagner aux eaux l’une de mes amies, et c’est sur un coup de tête que je m’y suis décidée. Nous avons pris le train pour ***, où nous sommes descendues dans un hôtel voisin des thermes.

   Je n’avais jamais visité pareil endroit, mais j’avoue que j’ai trouvé plaisante cette petite société de gens qui vont boire leur verre à heure fixe, comme tant d’autres vont aux vêpres, et qui ne cessent de parler de leurs petits ennuis et des bienfaits que la cure est censée leur offrir.

   Passé deux jours, l’étude ethnographique finit par me lasser et je me mis en quête de ceux qui, comme moi, restaient étrangers à ce groupe humain. Je m’imaginais en effet que certaines personnes aspiraient sans doute à d’autres saveurs que celles d’une boisson légèrement pétillante, tiède et fortement soufrée.

   Dans un square dont les allées, couvertes de tonnelles, convergeaient vers un kiosque à musique, je croisai un couple que j’avais déjà remarqué dans le salon de notre hôtel. Lui, blême de teint, promenait une sorte de désintérêt pour tout ce qui l’entourait. Grand, distingué, pourtant beau, il était plus proche d’un désespéré que d’un véritable malade. Elle, semblait être tout l’opposé de son mari : l’œil brillant, animé, elle regardait tout comme pour en prendre possession. Au moment où je les croisai, l’homme ne me regarda même pas, mais la femme esquissa un semblant de sourire.

   En vieille habituée des rencontres de toute nature, je crus déceler dans ce signe l’amorce de quelque chose qui n’était pas seulement de la politesse. Je n’imaginais pas un instant que pût naître entre nous une de ces amitiés de vacances – aussi éphémères que factices – que permettent les grands hôtels. Mais l’échange, si tant est qu’il y en eut un, avait été si fugace que je me méfiais d’une fausse impression.

   Le soir, en prenant ma clef dans le hall, je sentis un regard sur moi. Je me retournai et aperçus l’inconnue. Assise dans l’un des fauteuils de cuir qui faisaient face au tambour de la porte, elle me détaillait sans la moindre gêne. Elle me fit un signe de la tête que je pouvais interpréter comme un simple salut ou comme une invite à venir la rejoindre. Mon instinct me poussa vers la seconde solution. Je fis donc demi-tour et gagnai lentement le fauteuil voisin du sien.

   Je m’installai de trois quarts, lui laissant encore la possibilité de s’en tenir là. Elle n’avait pas bougé mais je vis son visage s’empourprer. Ses mains tortillaient machinalement deux petits gants, qui n’auraient bientôt plus de forme. Soudain, comme mue par une décision qu’elle ne pouvait plus différer, elle me souffla : « Dans une heure, s’il vous plait, chambre 57. »

   Je n’eus pas le temps de répondre. Elle s’était levée et se dirigeait vers l’ascenseur. Je me demandai ce que j’allais faire et ce que cachait cette invitation. Pas une seconde pourtant il ne me vint à l’esprit que je pourrais ne pas m’y rendre.

   Je regagnai ma chambre. Trois portes seulement la séparaient du lieu où j’étais invitée. Je pris un bain, me détendis, parfumai mon corps d’une eau assez forte que je venais d’acheter et m’habillai d’une robe un peu courte, comme on les fait maintenant. Je chaussai des escarpins au cuir souple et attendis l’heure de mon rendez-vous.

   Je laissai volontairement passer cinq minutes après l’heure fixée, sortis sans bruit de ma chambre, et frappai chez mon inconnue. La porte s’ouvrit aussitôt. Je pénétrai dans une pièce en tout point semblable à celle que je venais de quitter, à cette exception près que les murs en étaient tendus d’un tissu différent.

   La pénombre cachait le lit. Je finis par le découvrir. L’homme, totalement nu, était là, couché sur le dos. Ce grand corps ainsi exposé provoqua chez moi un mouvement de recul que je ne sus pas contrôler. J’apercevais un sexe énorme, dressé comme un pieu, qui devait m’être destiné. J’étais prête à tout, mais j’avoue que je ne prévoyais pas une aussi brutale entrée en matière. La femme me poussa sans ménagement vers le lit. Je me laissai faire et me trouvai bientôt face à son mari. Elle me prit par la taille et m’obligea à m’agenouiller. L’homme n’avait pas fait un mouvement et semblait dans un état presque cadavérique.

   La femme me prit la main, la posa sur le sexe de l’homme et lui imprima un mouvement de va-et-vient. Nous commençâmes donc à le branler toutes deux. Il était incroyablement long et ferme, et nos mouvements avaient une amplitude que j’avais rarement connue. Je dus continuer seule à branler car la femme avait entrepris de me déshabiller. Elle m’avait enlevé mes bas, ma culotte, soulevé ma jupe, et ses doigts se glissaient entre mes fesses. Comment demeurer insensible aux caresses que je pratiquais et à celles que l’on me faisait ? L’homme, quant à lui, donnait quelques signes de vie et je devinais qu’il allait bientôt se manifester de façon plus vigoureuse.

   Je compris vite que caresser ce sexe, si manifestement fait pour me pénétrer, ne me suffisait pas. Je grimpai sur le lit et enfourchait l’homme. Avec une satisfaction évidente, la femme m’enfonça le sexe elle-même et força mes cuisses pour le faire aller plus profond.

   Puis elle glissa son visage entre nos deux sexes, et lécha lentement mon anus et son sexe. Chacun de mes mouvements conjuguait ainsi le plaisir d’être prise et celui d’être sucée. Mon partenaire, plutôt passif jusque là, me saisit brusquement la taille, me retourna et vint vers moi. Couchée sur le dos à mon tour, cuisses ouvertes, je fus à lui complètement. La femme alors se mit à genoux au-dessus de moi, colla son sexe sur mes lèvres, et je la suçai à mon tour. L’homme pendant ce temps me baisait avec tant de violence que je nouai mes jambes autour de ses reins pour chercher à l’immobiliser. Cela redoubla son désir. Il déchargea presque instantanément, en m’étreignant si fort que je criai de douleur autant que de jouissance. Et sa femme partit en même temps que lui, ma langue dans sa fente.

   Nous jouâmes trois heures ainsi. Ni l’homme, ni la femme ne s’étaient pratiquement touchés. J’avais été l’intermédiaire de leurs jeux amoureux. Il ne l’avait pas pénétrée, et le foutre qu’elle avait bu, c’était sur moi qu’elle l’avait pris, dans mon sexe ou sur mes lèvres. C’est à peine si elle l’avait caressé, au début, par entrée de jeu, et j’avais fait à sa place tous les gestes qu’elle devait faire lorsqu’ils se trouvaient seuls.

   Lorsque nous nous quittâmes, l’homme ne se leva pas, ne me regarda même pas. C’est elle qui me raccompagna jusqu’à la porte, avec soin, comme on range un godemichet dans son étui. Elle me dit seulement avant d’ouvrir la porte : « Demain, même heure. »

   Elle m’avait comprise, comme vous me comprenez. Ne soyez donc pas étonné que j’y sois retournée. Le lendemain, et encore le surlendemain, et ainsi jusqu’à la fin de mon séjour.

 

                                                Vôtre***

 

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Par Peter Pan - Publié dans : textes érotiques - Communauté : Epicuriens et libertins
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